Retour rapide sur la prestation télévisée de Nicolas Sarkzoy lundi soir sur TF1 dans l’émission « Paroles de Français ». Je ne vais pas « refaire le match » ni paraphraser les multiples analyses et décryptages publiés ici ou là. Juste deux réflexions en écho à mon billet précédent et une pensée émue pour un directeur de grande surface…
Première réflexion, l’émission de lundi confirme que Jacques Pilhan reste bien l’inventeur de la communication politique moderne. Sans doute aurait-il perçu le programme de lundi comme un hommage, involontaire, à son travail. Les ficelles utilisées s’inspirent bien évidemment du concept imaginé par Jacques Pilhan dans les décennies 80 et 90 pour François Mitterrand et Jacques Chirac (dialogue en direct avec un panel de Français, choix de la chaîne et du présentateur). La recette fonctionne toujours, au moins en termes d’audience (8,6 millions de téléspectateurs).
Deuxième réflexion, Jacques Pilhan avait théorisé le principe de communication du désir, de la rareté de la parole. Un concept qui ne sied guère au Président de la République et à son équipe. D’où ces propos de Nicolas Sarkozy cité dans un article de Sophie Laudrin dans le Monde daté de mardi : « Nous avons changé d'époque, nous ne sommes plus dans un septennat où l'on pouvait gérer la durée, moi j'ai l'habitude de prendre la parole, d'aller sur le terrain. C'est l'action qui compte et non pas la gestion de la rareté de la parole ». A noter également le satisfecit de Franck Louvrier, conseiller communication à l’Elysée, ce mercredi matin au micro d’Europe 1 : « Cette formule a un intérêt car elle permet un vrai dialogue avec les Français et je pense que, contrairement à l'antienne que l'on entend parfois, la parole du président n'est pas usée ».
Après ses réflexions, une pensée plus légère, pour le directeur de la grande surface qui emploie Bernadette Tessadri, invitée lundi à échanger avec Nicolas Sarkozy. Quand cette vendeuse au rayon charcuterie et fromage fait état des difficultés de sa famille à boucler ses fins de mois, le Président de la République embraie sur les mesures mises en place par le Gouvernement pour encourager les heures supplémentaires. « Oui mais mon employeur est contre les heures supplémentaires », répond Bernadette. « Comment est-ce possible ? Donnez-moi le nom de votre employeur, je règle cela demain », répond en substance Nicolas Sarkozy. Et là j’imagine la tête du directeur de la dite grande surface se décomposer devant son téléviseur. Tout comme j’imagine l’état major du groupe et sa direction de la com mobilisés pour gérer cet épisode, et notamment les sollicitations des représentants syndicaux et des journalistes qui ne manqueront pas de se produire.
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