Communication et Médias par Stéphane GETTO
JE M’EXPRIME SUR CE BLOG A TITRE PERSONNEL. MES ARTICLES N’ENGAGENT QUE MOI ET NULLEMENT LA COLLECTIVITE POUR LAQUELLE JE TRAVAILLE. JE M’ABSTIENS DONC DE COMMENTER LES OPERATIONS DANS LESQUELLES JE POURRAIS JOUER UN ROLE. ENFIN JE M’ABSTIENS DE TOUT COMMENTAIRE CONCERNANT LA VIE POLITIQUE LORRAINE.
- Directeur de la Communication de la Région Lorraine depuis 2005
- Correspondant du Point et du Monde à Metz de 2002 à 2005
- Journaliste économique et politique Le Républicain Lorrain de 2001 à 2005
- Intervenant extérieur I&E Consultants de 2003 à 2005
- Cogérant de l'agence de presse ID Lorraine de 1999 à 2001
- Diplômé de l’Institut Pratique de Journalisme (IPJ) 1997
Je reprends volontairement ce titre provocateur pour revenir sur un phénomène qui pourrait débouler en France : la migration des titres de presse écrite vers le net. Et quand je dis migration, ce n’est pas uniquement la co-existence d’une formule mixte print/on line mais peut-être purement et simplement l’abandon du papier.
CB News du 6 avril y consacre un long article, en prenant encore l’exemple des Etats-Unis où les disparitions de titres sont légion. Le Monde daté de ce vendredi s’attarde sur les journaux français qui tentent « des rapprochements entre les rédactions de l’imprimé et d’Internet ». On découvre que, des Echos à Libé en passant par 20 minutes, les expérimentations se multiplient. Jusqu’à présent cohabitaient deux types de journalistes dans les rédactions: les rédacteurs écrivant pour l’édition papier, et ceux travaillant pour le site Internet. Désormais, l’heure est au rapprochement. Les Echos fusionnent leurs rédactions en juin.
Tout ce chambardement se passe sous le regard sourcilleux des syndicats de journalistes, pointilleux sur la question des droits d’auteurs. Au passage, Challenges du 9 avril indique que c’est La Tribune qui, avec 500 euros par journaliste et par an, est le journal rémunérant le mieux les droits d’auteurs web. D’ailleurs, comme le souligne l’hebdo ainsi que Le Monde, un projet de loi actuellement en discussion au Parlement prévoit que « la collaboration entre une entreprise de presse et un journaliste professionnel porte sur l’ensemble des supports du titre de presse ». Terminé les droits d’auteurs en sus pour les papiers se retrouvant sur le net.
Bref, au delà des questions des droits d’auteurs (question capitale pour les journalistes), le débat de fond est celui du support de l’information. Anne Geurts, correspondante de CB news aux Etats-Unis, résume parfaitement, à mon sens, la situation : « Les générations se sont passé le témoin, conservant le goût de l’information, mais en opposition quant au mode d’accès à celle-ci, et surtout, à son coût ».
Pour la presse régionale, face au vieillissement du lectorat (notamment pour cause de désintérêt des 15-35 ans pour les supports existants), quelle est l’issue ? Comment séduire les jeunes générations qui via le net ont accès à une foultitude d’infos gratuites ? Les titres ont-ils les moyens de se lancer dans des expérimentations alors que personne n’est capable aujourd’hui de prédire quelle sera la formule gagnante (tout internet, mixte, payant, gratuit, etc) ?
La Semaine se lance dans le bain avec un nouveau site internet, simple mais ergonomique, comme nous l’a appris mardi la lettre d’informations TIC et + (sympa Jérôme d’avoir évoqué mon blog). A l’instar des hebdos nationaux, le titre de Jean-Pierre Jager fournit des infos à chaud, ce qui lui permet d’être réactif sur l’actualité. Et de prendre de vitesse les quotidiens. Cette réactivité n’est pas à négliger. Car c’est aussi une des conséquences de la révolution internet : l’information en temps réel.
Enfin, signalons une autre expérimentation, mais au niveau national. Le groupe Lagardère tente, lui, le coup d’une version électronique de Paris-Match. Ca s’appelle e-match et doit servir de laboratoire aux titres du groupe pour imaginer la formule gagnante qui séduira les jeunes générations.
PS : cela n’a rien à voir, mais ce week-end vous pouvez vous rendre dans les Vosges à l’Imagerie d’Epinal pour la Fête des Images. Comme le dit Laurent Muller, son directeur, l’Imagerie d’Epinal doit être l’une des plus anciennes entreprises de communication de France.
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